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Je cours dans ma tête

Je suis horizontale depuis bien trop longtemps

Pour ne pas soupirer à la vue des fenêtres

Dressées comme les silhouettes 

Que mes héroïnes prêtent,

Dorées. Comme une fête.

 

Et l’hiver n’est pas né que l’herbe est déjà blanche

Comme l’écume parfaite d’une mer à résidence

Comme moi qui ne m’avance

Que de quelques coudées

Vers un matin secret.

 

Mais je cours dans ma tête, oui je cours dans ma tête

Je cours en mille secondes les faces cachées du monde.

Oui je cours dans ma tête, très vite dans ma tête.

Très vite dans ma tête.

 

Mais je cours dans ma tête, oui je cours dans ma tête

Je cours en mille secondes les faces cachées du monde.

Oui je cours dans ma tête, très vite dans ma tête.

Très vite dans ma tête.

 

Il y a dans toute idée un escalier immense

Je construis allongée une ville grande comme la France

Où je ne vivrai pas j’ai mieux à faire ailleurs

Autour des puits

Qui dansent. Près de mon cœur.

 

Les silences de mes nuits je les prends de traverse

Traverser la démence, comme ça m’a pris du temps,

Quelle absence l’apnée rouge, comment trier son sang

Depuis le noir,

Vers toi. Qui justifies mes soirs.

 

Et je cours dans ma tête, oui je cours dans ma tête

Je cours en mille secondes les faces cachées du monde.

Et je cours dans ma tête, très vite dans ma tête.

Très vite dans ma tête.

 

Et je cours dans ma tête, oui je cours dans ma tête

Je cours en mille secondes les faces cachées du monde.

Et je cours dans ma tête, très vite dans ma tête.

Très vite dans ma tête.

En bière

Les lèvres bleues du temps qui s’écoule à l’envers

Renversent le silence en embrassant la terre.

Qu’y a-t-il que les sons pour faire trembler les verres ?

Le soleil reste bon, et la vie que poussière.

 

Un beau jour de printemps, les herbent couraient sans but

Comme des pierres effrénées qui ne s’essoufflaient plus.

Plus de monde dans la tête, d’une jeune fille en bière

Plus de monde ni de sable pour faire jaillir la mer.

 

Elle est morte en pleurant,

Rouge et chargé de lierre, si faible et si puissant

Elle est morte comme un chant

Que la pluie qui s’émeut aujourd’hui tendrement

Sèmera son innocence jusqu’au bout de la nuit

Sèmera son innocence comme une fin d’incendie

 

Un cachecache d’enfant a découvert l’ensemble

Des amants découpés par un très grand tourment

Ils s’aimaient comme on brûle, sans fer et sans avant

Jusque dans les virgules de leurs lettres de sang.

 

Mais la vie s’écriait, pas d’eau, pas d’aventure

Pas de pluie ni d’élan aux jeunes gens qui fleurissent

Quand leurs corps maladroits en y plongeant se hissent

A la hauteur si vaste de leur belle nature

 

Elle est morte en pleurant,

Rouge et chargé de lierre, si faible et si puissant

Elle est morte comme un chant

Que la pluie qui s’émeut aujourd’hui tendrement

Sèmera son innocence jusqu’au bout de la nuit

Sèmera son innocence comme une fin d’incendie

 

Un jour viendra la fin des longs commencements

Qui déchirent les carcasses de la jeunesse qui prend

Ils ont aimé trop haut pour leurs corps trop petits

Et sont tombés sans vie, mais morts d’avoir dit oui.

 

Elle est morte en pleurant

Elle est morte comme un chant

Elle est morte en pleurant

Ils ont aimé trop haut pour leurs corps trop petits

Elle est morte comme un chant

Et sont tombés sans vie

Que la pluie qui s’émeut tendrement aujourd’hui

Sèmera son innocence jusqu’au bout de la nuit

 

 

Dans deux enfants qui s’aiment il y a tout le mouvement

Nécessaire à la terre pour verser ses torrents.

Photo by Maria Teneva on Unsplash